Changer le role et la posture du manager pour favoriser les coopérations
Manager la coopération

Le management peut-il faciliter l’émergence de collectifs de coopération ?

La prise en compte des processus collectifs est nécessaire pour manager les compétences. On citera la prise en compte des enjeux des différents acteurs, la posture du management, ainsi que le positionnement des collectifs de travail face aux projets .

Quelques conseils pour inciter son équipe à une meilleure prise en charge collective du travail :
Reconnaître les limites inévitables de la prescription et la nécessaire contribution des salariés. Cette invitation à l’autonomie est généralement reçue comme valorisante et l’on observe alors souvent des relations de coopération se construire presque spontanément. La difficulté pour le management est de ne pas casser la dynamique enclenchée en se souvenant que prôner la coopération ne sert à rien : il faut la laisser se déployer.
Reconnaître que le collectif produit par et pour lui même des règles de travail, de la reconnaissance entre pairs et construit du sens sur son travail.
Reconnaître la dimension subjective de la coopération, c’est-à-dire en accepter la dimension volatile et la nécessité d’entretenir confiance et crédibilité. Autant un tel choix de management peut paraître évident pour certains, autant il peut nécessiter un important travail pour d’autres .

A partir de ces pré-requis fondamentaux, l’encadrement pourra favoriser le travail collectif, ce qui facilitera en particulier l’élaboration de références communes. En effet, les conditions d’élaboration du collectif reposent sur une construction minimale de règles de métier et l’élaboration d’un genre professionnel qui se décline ensuite en styles individuels, tels que Yves Clôt les définit.

Le genre professionnel doit être appréhendé comme un socle : à travers les règles de métier qu’il produit et qu’il ajuste en permanence, il permet de définir les façons de s’y prendre, les façons d’être et d’agir, les gestes possibles mais aussi les gestes proscrits. Il définit les obligations partagées en usage dans un métier ou une situation. C’est ce que l’on sait devoir faire sans qu’il soit utile de le rappeler.

Le style relève de l’individu, il participe du genre en ce sens qu’il s’y réfère dans l’action. Cependant chaque sujet s’approprie le genre collectif en y intégrant ses propres retouches. Ainsi le genre est toujours inachevé et reste vivant grâce aux recréations dont il est l’objet. Il peut s’ajuster aux variations des situations. Mais inversement, la non maîtrise du genre et de ses variantes interdit l’élaboration du style. On voit clairement ici de quelle façon le collectif constitue un espace considérable de développement personnel, et en quoi le genre est un facteur de cohérences à partir desquelles peut se développer l’autonomie.

C’est en s’appuyant sur de tels modèles que le management peut renforcer et consolider des collectifs de coopération. En effet, pour construire la confiance et l’autonomie individuelle et collective, l’encadrement a un rôle central de facilitation qu’il doit rejouer en permanence. Il est souvent le mieux placé pour fournir des opportunités d’anticipation des situations, et donc d’élaboration collective d’une représentation commune mieux ajustée, susceptible d’en faciliter le traitement ultérieur.

Le management peut inviter l’équipe à échanger sur l’activité de travail, et non sur la tâche. Il s'agira alors de débattre sur ce que l’on fait vraiment et les difficultés qu’on rencontre. La principale difficulté à surmonter sera le poids des discours de conformité : globalement, moins il y aura de craintes de répercussions de ces « aveux » et plus on peut s’attendre à des discours authentiques qui permettront des échanges sur le travail réel, ses exigences, ses contraintes et ses astuces. A contrario, la méfiance entraînera la limitation des discours.

Cependant, encadrant et collectifs de travail doivent rester lucides : on ne se dira pas tout. Néanmoins, le fait de pouvoir parler collectivement de l’activité ouvre de nouvelles formes de développement. Chacun pourra ainsi élaborer une relation enrichie à son métier, qui s’alimentera ensuite au travail en coopération.



Le management peut-il faciliter l'émergence de collectifs de coopération ? (word, 3 pages)
Imprimer la page