Se former en situation de travail
De quoi s'agit-il ?

Les situations professionnelles constituent souvent des opportunités exceptionnelles d’apprentissage ou de construction des compétences. A l’inverse, elles peuvent aussi, entre autres lorsqu’elles deviennent trop routinières, contribuer à l’obsolescence ou à la perte de compétences.

L’organisation du travail engendre des pratiques professionnelles qui sont porteuses ou non d’apprentissages. La posture du manager, ses pratiques au quotidien, sa capacité à aider ses collaborateurs à se saisir de ces situations de travail formatives, sont, à ce titre, déterminantes. Le processus de construction des compétences se joue dans l’interrelation entre l’individu et son environnement. Ce processus individuel se déroule dans un cadre collectif propice (ou non) à son accomplissement.

Trois leviers d’actions sont essentiels pour apprendre en situation de travail :

Les interactions interpersonnelles et les modalités organisationnelles :
Certaines dispositions organisationnelles favorisent les échanges entre les individus, les équipes, les unités de travail. Ces dispositions permettent aux uns et aux autres de mieux connaître les activités réciproques, de créer du lien et d’élargir les périmètres d’action. En un mot de décloisonner le travail. L’organisation en équipe autonome, le management par projet, le développement de « communautés d’action » favorisent les apprentissages.

La prise de recul par rapport à l’activité  :
Il s’agit de réunir les conditions d’un recul réflexif sur le travail : la nature et la qualité des apprentissages dépendent largement de la manière dont l’individu comprend et exploite son expérience, la rend « signifiante ». C’est par la distanciation du travail, la réflexion sur sa pratique au détour des événements ou aléas rencontrés que l’on développe ses compétences. La posture du manager, le collectif de travail et les pratiques organisationnelles déterminent très largement ces possibilités de distanciation et de réflexion sur le travail.

Les processus d’autodétermination et l’engagement individuel :
Enfin, il s’agit de développer des occasions de motivation. En effet, la nature et la qualité des apprentissages dépendent également de phénomènes d’autodétermination . C’est l’individu qui apprend, et qui décide de le faire. Cette décision dépend à la fois de facteurs intrinsèques (projet, sens donné au travail, image de soi) et extrinsèques (intérêt du travail, autonomie, parcours professionnels, pratiques de management, reconnaissance…).

Bernard DevinPatrick Conjard



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