Compétences et âges : un lien à construire
Transmission des savoir-faire

Un sujet d’actualité… qui reste à traiter

À l'heure du vieillissement de la population active, les entreprises privées et publiques sont confrontées à un double défi :
Faciliter le maintien dans l'emploi des salariés seniors
Maintenir dans leur organisation les compétences stratégiques dont elles ont besoin, compétences souvent détenues par les salariés les plus expérimentés.

Ces enjeux de préservation ou de transmission des compétences vont progressivement s’accentuer avec les difficultés de recrutement déjà ressenties dans certaines branches ou certains territoires.

L’État et les partenaires sociaux ont d’ailleurs engagé un certain nombre de mesures. C’est ainsi que l’on retrouve dans l’accord national interprofessionnel de décembre 2003, sur la formation tout au long de la vie, des préconisations relatives au tutorat comme modalité de transmission des savoirs et des savoir-faire. Plus récemment, dans l’accord sur l’emploi des seniors du 13 octobre 2005, la question de la transmission des savoirs et compétences est traitée comme un des six domaines d’action à privilégier.

Pourtant, malgré ce contexte, les questions de coopération entre les générations et plus globalement de transmissions des savoir-faire :

  • Restent très peu traitées par les entreprises
  • Sont souvent réalisées dans l’urgence et sans démarche spécifique notamment pour faciliter la transmission des savoirs acquis « sur le tas » par l’expérience, dans et par le travail.
 

Réunir les conditions favorables

Quand l’enjeu majeur est de remplacer un salarié qui part à la retraite, le nombre d’acteurs impliqués est a priori relativement restreint (le partant, s’il détient les compétences recherchées, et son remplaçant). Dans ce cas de figure, la logique dominante consiste à repérer les acteurs concernés (qui part quand ?) et à accompagner le transfert de savoir-faire d’expérience de manière plus ou moins anticipée.

Pour autant, un départ en retraite peut aussi être l’occasion pour l’entreprise de repenser son organisation. Dans ce cas de figure, c’est plusieurs transférés qu’il convient éventuellement de mobiliser dans la TSE (Transmission des Savoirs d’Expérience). On retrouve le même type de logique face à des enjeux d’intégration d’un nouveau collaborateur ou d’accompagnement de mobilités internes. 

Dans tous les cas, il est important que ces dispositifs de transmission soient conçus dans des conditions favorisant :

  • L’échange réciproque d’expériences et de connaissances entre le ou les salariés chargés de cette mission et le salarié ou les salariés  concernés
  • Une organisation souple et responsabilisante qui laisse aux individus et aux équipes concernés des marges de manœuvre, de l’autonomie et favorise la coopération des collectifs de travail et l’échanges de pratiques
  • La mobilisation des acteurs concernés (transférant(s) – apprenant(s) – collectif(s) de travail – encadrement), notamment par un accompagnement suffisant (formation - outillage) et une valorisation des actions réalisées

 

 Murielle Roche Brunet

Le point sur...La transmission des savoirs d'expérience

Le point sur… La transmission des savoirs d’expérience
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