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Age et apprentissage : un préjugé tenace


Dans le contexte professionnel, le sentiment d’être vieux peut se manifester de différentes façons. Il est souvent amplifié par l’intériorisation, par les seniors eux-mêmes, des préjugés sur la diminution des capacités d’adaptation et d’apprentissage. C’est ainsi que se renforce un cercle vicieux : en se formant moins, on est moins à l’aise face aux changements … ce qui « prouve » qu’on s’adapte moins bien !
Le taux d’accès à la formation des salariés « s’écroule » après 40 ou 50 ans selon les métier, pourtant nul ne peut croire qu’on n’a plus besoin d’apprendre … surtout avec l’éloignement de l’âge de la retraite.

Persiste un préjugé tenace, très souvent intériorisé par les « seniors » eux-mêmes, selon lequel les capacités d’apprentissage se réduiraient considérablement après la quarantaine. Ces préjugés ont même pu aller jusqu’à s’alimenter à des études de laboratoire portant sur des populations largement plus âgées (pensionnaires de maisons de retraite de plus de 70 ans par exemple) qui font apparaître une mémoire immédiate moins performante et un ralentissement du comportement. Mais, en ce qui concerne des populations en âge de travailler, on constate en fait que l’effet de l’âge est moins important que la diversité des résultats selon les individus et leur parcours.

A l’inverse de ces préjugés, les travaux qui portent sur l’apprentissage ont montré depuis longtemps que :

Les fonctions qui résistent le mieux aux effets de l’âge sont justement celles qui sont liées à la mémoire et à l’apprentissage… à condition qu’elles aient été suffisamment éduquées ;
Il est indispensable que les activités exercées permettent de mettre en jeu ces capacités acquises car on constate également la dégradation progressive de cette aptitude, si elle n’est jamais exercée.
On peut « apprendre » jusqu’à un âge extrêmement avancé (largement au-delà de l’âge de la retraite) à condition de respecter à la fois : les principes pédagogiques qui s’appuient sur l’expérience et les connaissances de l’apprenant, les délais d’acquisition, et des conditions d’exécution laissant suffisamment de liberté pour « faire à sa façon ».
Restent deux caractéristiques comportementales, plus fréquentes chez les seniors : une prise de décision plus précautionneuse (comportements de prudence acquis avec l’expérience) et une moindre tolérance aux contraintes de temps;